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Mexique : Cartels, pouvoir et argent mondial — Qui finance réellement la guerre de la drogue ?

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Entre économie parallèle, influence politique et marchés occidentaux, la crise mexicaine révèle une vérité dérangeante : sans consommateurs, il n’y aurait pas d’empire criminel.
L’élimination récente d’un grand chef de cartel au Mexique a ravivé une question que peu de gouvernements osent poser frontalement : la violence vient-elle uniquement des producteurs… ou des consommateurs ? Derrière les affrontements spectaculaires et les opérations militaires, une réalité économique s’impose. Les cartels ne prospèrent pas dans le vide. Ils prospèrent parce qu’un marché mondial les finance. Et ce marché se situe principalement dans les pays développés.
Le cartel : une multinationale criminelle
Au Mexique, les grandes organisations criminelles ne sont plus de simples groupes de trafiquants. Elles fonctionnent comme de véritables conglomérats transnationaux :
  • Production industrielle de drogues synthétiques
  • Logistique internationale sophistiquée
  • Réseaux de distribution jusqu’aux États-Unis, au Canada et en Europe
  • Blanchiment via immobilier, commerce et entreprises de façade
Avec la montée du fentanyl et des méthamphétamines, la production est devenue plus rentable, plus rapide et moins dépendante des cultures agricoles traditionnelles. Résultat : marges élevées, flux financiers constants, et capacité d’expansion.
Quand le cartel devient acteur politique
Dans certaines régions mexicaines, le cartel ne combat plus seulement l’État : il l’infiltre ou le remplace.
  • Pressions sur élus locaux
  • Corruption policière
  • Contrôle territorial
  • Influence sur processus électoraux
Ce phénomène transforme la criminalité en pouvoir parallèle. Là où l’État recule, le cartel impose ses règles, prélève ses taxes et décide qui vit, qui prospère… et qui disparaît.


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Le moteur invisible : la demande internationale
Il est politiquement confortable de désigner le Mexique comme problème sécuritaire. Il est moins confortable de regarder les marchés finaux.
États-Unis
Plus de 100 000 décès annuels liés aux overdoses ces dernières années. Le marché américain reste l’un des plus lucratifs au monde.
Canada
Crise sanitaire persistante liée aux opioïdes, forte présence de substances synthétiques sur le marché.
Union Européenne
La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée après le cannabis. L’Europe constitue un marché solvable, stable et en expansion.
Autrement dit : la demande est massive, diversifiée et solvable.
ENCADRÉ — CHIFFRES CLÉS
  1. +100 000 décès annuels liés aux overdoses aux USA (CDC)
  2. L’Europe : deuxième marché mondial pour la cocaïne
  3. Les drogues synthétiques dominent désormais le trafic
  4. Des milliards de dollars blanchis chaque année via immobilier et commerce
Qui sont les consommateurs ?
La réalité dérange les discours simplistes.
Les consommateurs ne sont pas uniquement :
  • Des personnes marginalisées
  • Des profils criminels
Ils sont aussi :
  • Étudiants
  • Professionnels
  • Cadres supérieurs
  • Membres d’élites économiques et hommes Politiques
  • Jeunes en usage festif
  • Patients devenus dépendants
La consommation traverse les classes sociales, les nationalités et les continents.
La vérité économique
Un cartel n’existe que parce qu’un marché le finance.
Chaque achat :
  • Finance l’armement
  • Finance la corruption
  • Finance le recrutement
  • Finance la violence
  • Finance la déstabilisation politique
Supprimer un chef ne supprime pas la demande.
Fermer une route n’arrête pas un flux financier mondial.
Tant que la demande restera forte, l’offre se reconfigurera.
Le Mexique produit.
Mais le monde consomme.
Et dans cette équation, la responsabilité ne peut être unilatérale.
Les consommateurs, quels que soient leur statut social, leur pays ou leur pouvoir économique, sont les véritables financiers des cartels.
On peut dénoncer les producteurs.
On peut militariser les frontières.
On peut tuer des chefs.
Mais tant que l’argent circule du consommateur vers le trafiquant, la guerre est perdue d’avance.
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