RUSSAFRIK | THINKERS FORUM – DÉBAT INTERNATIONAL
Avec la grille d’analyse du Prof. Jeffrey D. Sachs
Et si le monde ne vivait pas un simple “déclin occidental”, mais un retour à la normalité historique ?
Et si l’Afrique, au lieu d’être le théâtre de la rivalité sino-américaine, devenait l’arbitre du XXIe siècle ?
Mais plus encore : l’Afrique est-elle prête à exercer ce pouvoir ou s’apprête-t-elle à changer de tuteur ?
Ce débat dépasse la rhétorique diplomatique. Il touche au cœur de la souveraineté énergétique, industrielle et monétaire mondiale.
La vérité historique que peu osent dire
En 1820 :
- L’Asie produit environ 60 % de la richesse mondiale.
- L’Europe est périphérique.
- Les États-Unis sont insignifiants économiquement.
Ce qui change le monde ?
👉 La concentration de l’énergie grâce à la machine à vapeur.
👉 L’industrialisation européenne.
👉 La militarisation de cette supériorité énergétique.
La domination occidentale fut industrielle avant d’être idéologique.
Le déclin occidental : mythe ou mutation ?
La thèse provocatrice :
L’Occident ne décline pas. Il perd simplement son monopole.
Les États-Unis serait :
- La première puissance militaire
- Le cœur du système financier mondial
- Le centre du dollar
Mais la Chine est devenue :
- L’atelier industriel du monde
- Leader en infrastructures massives
- Puissance manufacturière dominante
- Acteur central des chaînes d’approvisionnement
Ce n’est plus un monde unipolaire. C’est un monde de rivalité systémique.

L’Afrique : terrain de jeu ou acteur stratégique ?
L’Afrique détient :
- 60 % des réserves mondiales de cobalt
- Ressources critiques pour batteries et transition énergétique
- La population la plus jeune du monde
- Le futur marché de consommation le plus dynamique
Mais elle ne contrôle pas :
- Les chaînes de valeur
- Les brevets technologiques
- Le système monétaire mondial
Voilà le paradoxe africain.
Partenariat avec la Chine : solution ou dépendance 2.0 ?
Argument pro-chinois :
- Investissements rapides
- Infrastructures visibles
- Moins de conditionnalités politiques
Argument critique :
- Dette souveraine
- Faible transfert technologique réel
- Dépendance aux importations manufacturières chinoises
Question centrale :
L’Afrique négocie-t-elle d’égal à égal, ou échange-t-elle une dépendance occidentale contre une dépendance asiatique ?
Les États-Unis : protecteur de l’ordre ou frein au basculement ?
Les États-Unis défendent :
- Le système du dollar
- Les règles financières internationales
- Leur primauté stratégique
Mais ils voient dans l’Afrique :
- Un espace d’influence à préserver
- Un terrain de compétition avec la Chine
- Un réservoir stratégique de minerais critiques
Washington parle de “partenariat”.Pékin parle de “coopération”.
Mais dans les deux cas, la question reste :
qui définit les règles ?

La variable que personne ne veut affronter : l’énergie
Toute puissance mondiale repose sur l’énergie :
- 19e siècle : charbon
- 20e siècle : pétrole
- 21e siècle : électricité, batteries, minerais critiques
L’Afrique possède les minerais.
La Chine contrôle le raffinage.
Les États-Unis contrôlent la finance.
Qui contrôle réellement le futur ?
Le scénario 2100 : Afrique à 30 % du PIB mondial ?
Hypothèse explosive.
Si :
- L’Afrique industrialise localement ses minerais
- Transforme sur place son lithium et son cobalt
- Développe une union énergétique continentale
- Crée un système financier africain autonome
Alors oui, 30 % du PIB mondial est envisageable.
Sinon :
Elle restera exportatrice brute de richesse, importatrice de valeur ajoutée.
La question stratégique ultime
L’Afrique doit-elle choisir entre Washington et Pékin ? Ou construire une troisième voie ?
Peut-elle :
- Jouer la multi polarité ?
- Négocier simultanément avec Chine, USA, Inde, Russie, Europe ?
- Utiliser sa démographie comme levier stratégique ?
La vraie bataille n’est pas idéologique.
Elle est industrielle.

Position Provocatrice du Thinkers Forum
L’Afrique ne manque ni de ressources ni de démographie.
Elle manque d’un État stratège continental.
Le danger n’est pas la Chine.
Le danger n’est pas les États-Unis.
Le danger est l’absence de vision industrielle africaine.
Le XIXe siècle a vu l’Europe dominer grâce à l’énergie.
Le XXe siècle a vu l’Amérique dominer grâce à la finance.
Le XXIe siècle verra dominer celui qui contrôle les chaînes de valeur.
L’Afrique peut être l’arbitre du siècle.
Ou son éternel fournisseur.
La décision ne se prendra ni à Washington, ni à Pékin.
Elle se prendra à Addis-Abeba, Abuja, Accra, Pretoria…
si elle se prend.

