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Déclaration conjointe sur le Venezuela : quand la parole internationale suffit-elle encore face à la loi du plus fort ?

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Une déclaration conjointe datée du 15 janvier 2026 et signée par plusieurs organisations progressistes à travers le monde appelle à la libération immédiate du Président vénézuélien Nicolás Maduro, dénonçant un acte présenté comme un enlèvement attribué à des forces agissant pour le compte des États-Unis. Au-delà du texte, une question revient avec force :
dans l’ordre mondial actuel, les déclarations suffisent-elles encore à contenir les conflits d’intérêts… ou ne pèsent-elles rien sans puissance, alliances et actes concrets ?  
Une déclaration rendue publique “afin que nul n’en ignore”
Le document, intitulé « Déclaration conjointe des forces progressistes appelant à la libération immédiate du Président de la République bolivarienne du Venezuela », affirme condamner l’enlèvement récent de Nicolás Maduro, décrit comme le président constitutionnellement reconnu du Venezuela. Les signataires imputent cet acte à des forces armées agissant pour le compte du gouvernement des États-Unis d’Amérique.  
La déclaration présente cet événement comme une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne, une atteinte au droit à l’autodétermination et une rupture des principes encadrant les relations internationales, notamment ceux consacrés par la Charte des Nations Unies.  
Ce que demandent les signataires
Le texte propose plusieurs axes d’action et de mobilisation, parmi lesquels :
  • La dénonciation publique de ce qui est qualifié d’agression contre le Venezuela ;  
  • L’organisation de protestations devant les ambassades et consulats des États-Unis ;  
  • L’exigence d’une libération immédiate et inconditionnelle de Nicolás Maduro et de son épouse ;  
  • Le rejet de toute intervention militaire étrangère et de toute tentative de changement de régime ;  
  • Un appel à régler les différends par la négociation pacifique et la diplomatie multilatérale, en rejetant sanctions et coercition ;  
  • Une mobilisation numérique via les hashtags #HandsOffVenezuela et #FreeMaduro.  
Les signataires insistent enfin sur une solidarité internationale et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une logique archaïque du « droit du plus fort ».  
Lire la déclaration en Français et Anglais:
Le vrai sujet : la déclaration est-elle encore une arme ?
Si les déclarations publiques restent essentielles pour informer, alerter, documenter et mobiliser, elles se heurtent aujourd’hui à une réalité brutale :
le monde fonctionne de plus en plus sur des rapports de force.
Dans ce contexte, une vérité dérangeante s’impose souvent :
  • Tu es fort, tu résistes ;
  • Tu n’es pas fort, on t’impose des règles.
Et quand la brutalité militaire n’est pas utilisée, d’autres moyens prennent le relais :
  • droits de douane,
  • taxes et sanctions,
  • pression financière,
  • restrictions commerciales,
  • guerre économique et diplomatique.
Autrement dit, la domination n’est pas toujours visible, mais elle peut être systémique.
Déclarations vs actes : que manque-t-il pour peser ?
Dans la pratique, une déclaration peut devenir efficace si elle est suivie de :
  • coalitions diplomatiques,
  • actions juridiques internationales,
  • médiation multilatérale,
  • mobilisation populaire structurée,
  • mesures de rétorsion ou de protection économiques,
  • alliances régionales solides.
Sans ces leviers, la déclaration reste parfois un cri… entendu, mais non suivi d’effets.
La déclaration du 15 janvier 2026 a un objectif clair : rendre publique une position, alerter l’opinion et appeler à une mobilisation internationale autour du Venezuela.  
Mais elle met aussi en lumière une question devenue centrale dans la géopolitique contemporaine :
la parole suffit-elle encore dans un monde gouverné par la puissance… ou faut-il désormais des actes, des alliances et des mécanismes de défense réels pour éviter que la loi du plus fort ne devienne la seule loi ?
Mamadou Cheikh, Correspondant Sénégal
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