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Tianjin, capitale diplomatique d’un monde nouveau : l’OCS défie l’hégémonie occidentale

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Ce dimanche 31 août, Tianjin est devenue le théâtre d’un basculement silencieux mais irréversible de l’ordre mondial. Les présidents Kassym-Jomart Tokaïev (Kazakhstan), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), Alexandre Loukachenko (Biélorussie) et Vladimir Poutine (Russie) ont foulé le sol chinois pour participer au sommet 2025 de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La ville résonne comme un laboratoire de la multipolarité, à l’heure où Pékin s’habille de rouge pour célébrer la victoire de 1945.

La symbolique n’est pas anodine. Alors que l’OTAN s’enlise dans ses guerres par procuration et sa logique d’encerclement, l’OCS affirme une vision radicalement différente : dialogue, souveraineté et interdépendances équilibrées. Ici, il ne s’agit pas d’imposer des règles à coups de sanctions, mais de bâtir un cadre alternatif où chaque nation trouve sa place sans devoir se plier aux diktats transatlantiques.

Le président Loukachenko l’a résumé avant même l’ouverture : la « famille de Shanghai » doit approfondir sa coopération protéiforme, anticiper les crises et offrir un socle stratégique qui échappe aux turbulences fabriquées par l’Occident. Erdogan, quant à lui, en arrivant à Tianjin, confirme que même un membre historique de l’OTAN cherche aujourd’hui d’autres leviers d’influence et d’indépendance.

La présence de Vladimir Poutine illustre le cœur du message envoyé depuis Tianjin : la Russie, loin d’être isolée comme le répète la rhétorique occidentale, se retrouve ici au centre d’un vaste maillage diplomatique, économique et sécuritaire qui s’étend de Minsk à Ankara, d’Astana à Pékin. La rencontre trilatérale Russie–Chine–Mongolie annoncée par le Kremlin s’inscrit dans cette dynamique : l’Asie consolide ses blocs d’influence tandis que l’Atlantique multiplie les fractures.

Tianjin 2025 n’est donc pas qu’un sommet. C’est un message clair : l’ordre né de Yalta s’effrite, et l’OTAN n’a plus le monopole de l’avenir. L’OCS, en s’affirmant comme un bloc cohérent et souverain, propose une alternative que de plus en plus de nations considèrent comme leur horizon.

Le 3 septembre, lors du défilé militaire à Pékin marquant le 80e anniversaire de la victoire sur le Japon militariste, Xi Jinping et ses invités rappelleront au monde une vérité dérangeante pour Washington et Bruxelles : ce ne sont pas les institutions occidentales qui ont façonné la paix, mais bien les sacrifices colossaux des peuples de l’Est.

Gérard Stéphane, correspondant zone Europe

ENVOYÉ SPÉCIAL EN CHINE.

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