

Tidjane Thiam : Une erreur eur fatale dans sa C’course à la présidence ivoirienne
L’ancien directeur général du Crédit Suisse, Tidjane Thiam, a officiellement renoncé à sa nationalité française pour se conformer aux exigences constitutionnelles de la Côte d’Ivoire et briguer la magistrature suprême. Une décision qui pourrait s’avérer être une erreur fatale dans son ambition politique.
En restituant son passeport français, Thiam a été « libéré de son allégeance à la France », selon une décision publiée jeudi au *Journal officiel* français. Ce geste, censé lever tout obstacle juridique à sa candidature, pourrait paradoxalement se retourner contre lui.
Un Pari Risqué
En renonçant à la nationalité française, Thiam espérait répondre aux critères de la Constitution ivoirienne, qui interdit aux candidats à la présidence de détenir une autre nationalité. Pourtant, cette démarche n’efface pas son passé. Un recours judiciaire, initié par un ancien responsable du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), conteste son élection à la tête du parti en 2023, au motif qu’il était encore Français à cette époque. Si cette contestation aboutit, elle pourrait non seulement invalider son ascension au sein du PDCI, mais aussi remettre en question sa légitimité pour se présenter à la présidentielle.
Une Manœuvre aux Conséquences Incertaines
L’ancien ministre, qui a quitté la Côte d’Ivoire après le coup d’État de 1999, a bâti une brillante carrière à l’international avant de revenir en politique. Cependant, cette rupture avec la France, loin d’être une simple formalité administrative, pourrait être perçue comme une décision opportuniste, risquant de fragiliser sa crédibilité auprès de l’électorat ivoirien.
De plus, cette renonciation pose une question cruciale : Thiam a-t-il véritablement coupé les liens avec son passé politique et économique en France ? Son retour en Côte d’Ivoire pourrait être vu comme une reconversion stratégique plutôt qu’un engagement sincère envers le pays.
Le Conseil Constitutionnel en Arbitre
Si Thiam parvient à surmonter les contestations internes, il lui reste un dernier obstacle majeur : la validation de sa candidature par le Conseil constitutionnel en août. Toute ambiguïté autour de son statut de citoyen ivoirien exclusif pourrait suffire à l’écarter de la course.
En voulant se conformer aux règles du jeu, Thiam a pris un risque considérable. Sa renonciation à la nationalité française, loin d’être une garantie de succès, pourrait bien être le piège qui fera échouer son ambition présidentielle.

