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UNION AFRICAINE : PUISSANCE CONTINENTALE EN ATTENTE OU INSTITUTION EN SURSIS ?

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RUSSAFRIK | GRAND DOSSIER
Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine, tenu il y a deux semaines à Addis-Abeba, devait incarner une étape stratégique dans la consolidation du projet africain. Il a confirmé une réalité plus complexe : l’Union africaine est à la croisée des chemins. Entre ambition historique et prudence politique, son efficacité reste conditionnée à une volonté collective encore incomplète.
L’AFRIQUE : GÉANT DÉMOGRAPHIQUE, NAIN STRATÉGIQUE ?
  • 📊 1,4 milliard d’habitants
  • 📊 Âge médian : 19 ans
  • 📊 ≈ 3 000 milliards $ de PIB cumulé
  • 📊 30 % des réserves mondiales de minerais stratégiques
  • 📊 15–18 % seulement de commerce intra-africain
Ces chiffres révèlent un paradoxe historique :
L’Afrique possède les fondamentaux d’une puissance. Mais elle agit encore comme une mosaïque d’États isolés.
L’Union africaine devait corriger cette fragmentation.
LE 39ᵉ SOMMET : PRIORITÉS SOCIALES, TIMIDITÉ GÉOPOLITIQUE
Le thème central — eau et assainissement dans le cadre de l’Agenda 2063 — touche une urgence réelle.
Près de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à des services d’eau potable sécurisés.
Mais pendant que les chefs d’État débattent d’infrastructures hydrauliques :
  • Le Sahel demeure instable
  • La RDC reste confrontée à des tensions persistantes
  • Les bases militaires étrangères redessinent les équilibres
  • La dette publique dépasse 70 % du PIB dans plusieurs États
Le sommet a traité l’essentiel social.
Il a esquivé l’essentiel stratégique.
LE NŒUD DU PROBLÈME : LE FINANCEMENT
Historiquement, une part significative du budget opérationnel de l’UA a été soutenue par des partenaires extérieurs.
Une vérité simple s’impose :
Une institution continentale dépendante financièrement ne peut incarner une souveraineté complète.
Un continent riche en cobalt, lithium, uranium, pétrole et terres arables ne devrait pas dépendre d’appuis extérieurs pour financer son organe central.
L’efficacité commence par l’autonomie budgétaire.
SÉCURITÉ : L’ÉCHEC STRUCTUREL ?
Depuis 2020 :
  • 🔻 Plus de 10 transitions militaires
  • 🔻 Expansion des groupes armés dans plusieurs régions
  • 🔻 Dépendance accrue à des partenariats sécuritaires bilatéraux
L’UA suspend.
Elle condamne.
Mais elle ne dissuade pas.
Pourquoi ?
Parce qu’elle ne dispose ni d’une armée continentale intégrée, ni de mécanismes contraignants réellement appliqués.
MONDE MULTIPOLAIRE : L’AFRIQUE NÉGOCIE-T-ELLE EN BLOC ?
États-Unis.
Chine.
Russie.
Inde.
Turquie.
Golfe.
Tous renforcent leur présence stratégique sur le continent.
Mais l’Afrique négocie encore majoritairement en ordre dispersé.
Résultat :
  • Accords miniers fragmentés
  • Négociations de dette bilatérales
  • Infrastructures concédées individuellement
L’UA pourrait être l’outil d’une diplomatie collective.
Elle reste pour l’instant un cadre de coordination prudente.

 


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VÉRITÉ MILITANTE : LE PROBLÈME N’EST PAS L’INSTITUTION
L’Union africaine possède :
  • ✔️ Une architecture institutionnelle complète
  • ✔️ Une vision (Agenda 2063)
  • ✔️ Des mécanismes de paix
  • ✔️ Une zone de libre-échange
Ce qui manque :
  • Discipline financière obligatoire
  • Application ferme des sanctions
  • Intégration sécuritaire réelle
  • Courage politique commun
L’UA n’est pas inefficace par nature.
Elle est limitée par la prudence de ses États membres.
CE QUE LE 39ᵉ SOMMET A RÉVÉLÉ
Le sommet n’a pas été un échec. Mais il n’a pas été un tournant historique.
Il a montré :
  • Une volonté sociale affirmée
  • Une prudence géopolitique persistante
  • Une unité rhétorique
  • Une fragmentation opérationnelle
QUESTION CENTRALE
L’Union africaine doit-elle rester : Un forum diplomatique annuel ?
Ou devenir :
  • Un organe de décision contraignant ?
  • Un levier de souveraineté économique ?
  • Une plateforme de négociation stratégique collective ?
L’Afrique possède les ressources.
L’Afrique possède la démographie.
L’Afrique possède le marché.
Ce qui reste à démontrer, c’est la capacité politique à agir comme une puissance unifiée.
Le 39ᵉ sommet d’Addis-Abeba n’a pas clos le débat.
Il l’a intensifié.
L’efficacité de l’Union africaine ne dépend pas de ses textes.
Elle dépend de la volonté collective de transformer l’unité africaine en réalité stratégique.
Mamadou Cheikh, Correspondant
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