Russafrik
AnalysesDERNIÈRES NOUVELLESECONOMIE

🌍 BRICS : L’AFRIQUE PEUT-ELLE TRANSFORMER LE BASCULEMENT DU MONDE EN PUISSANCE ÉCONOMIQUE ?

Image 1 Image 2

De cinq puissances Ă©mergentes Ă  un ensemble de onze membres et dix partenaires, les BRICS ont changĂ© de dimension. L’Afrique y occupe dĂ©sormais une place beaucoup plus importante. Mais entre prĂ©sence diplomatique et vĂ©ritable puissance Ă©conomique, une question demeure : le continent saura-t-il transformer cette recomposition internationale en usines, infrastructures, financements, technologies et emplois ?

RussAfrik | GĂ©opolitique – Économie – SouverainetĂ©

Il fallait d’abord vĂ©rifier l’information qui circule massivement sur les rĂ©seaux sociaux.

Et sur l’essentiel, elle est exacte : les BRICS ne sont effectivement plus le groupe de cinq pays que beaucoup continuent d’imaginer.

La plateforme officielle des BRICS recense aujourd’hui 11 membres Ă  part entiĂšre : BrĂ©sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis, Arabie saoudite et IndonĂ©sie. Elle recense Ă©galement 10 pays partenaires : BiĂ©lorussie, Bolivie, Cuba, Kazakhstan, Malaisie, Nigeria, ThaĂŻlande, Ouganda, OuzbĂ©kistan et Vietnam.

Autrement dit : 21 États participent aujourd’hui à l’architecture BRICS sous l’un ou l’autre de ces deux statuts.

Il faut toutefois apporter une nuance importante : un pays partenaire n’est pas un membre Ă  part entiĂšre. Les partenaires peuvent participer au sommet, aux rĂ©unions des ministres des Affaires Ă©trangĂšres et Ă  certaines autres rencontres, et peuvent s’associer Ă  certains documents communs, mais leur statut reste distinct de celui des membres.

Autre prĂ©cision : contrairement Ă  ce que pourrait laisser entendre le terme « bloc », les BRICS ne constituent ni une alliance militaire, ni une union politique comparable Ă  l’Union europĂ©enne. Il s’agit d’un forum de coordination politique, diplomatique et Ă©conomique qui ne possĂšde ni traitĂ© constitutif comparable Ă  celui d’une organisation supranationale, ni budget propre, ni secrĂ©tariat permanent.

Mais sa masse économique est désormais considérable.

Selon l’UNCTAD, les BRICS reprĂ©sentaient environ 39 % de la production mondiale mesurĂ©e en paritĂ© de pouvoir d’achat en 2024. Une autre Ă©tude de l’organisation estime qu’ils regroupaient dĂ©jĂ  prĂšs de la moitiĂ© de la population mondiale.

Et c’est ici que l’histoire devient particuliĂšrement intĂ©ressante pour l’Afrique.


đŸ“Č REJOIGNEZ LA COMMUNAUTÉ RUSSAFRIK

Ne manquez pas les analyses géopolitiques qui défient la narration officielle. Inscrivez-vous à la chaßne WhatsApp RUSSAFRIK INFO.

🔗 https://whatsapp.com/channel/0029VbDZJyx7NoZtPPo2gw3u


L’AFRIQUE N’EST PLUS SEULEMENT INVITÉE À LA TABLE

Pendant des annĂ©es, l’Afrique du Sud constituait l’unique reprĂ©sentation africaine parmi les BRICS.

Ce n’est plus le cas; Aujourd’hui, trois États africains sont membres à part entiùre : l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie.

Deux autres, le Nigeria et l’Ouganda, sont partenaires.

Cela signifie que cinq pays africains participent directement à cette architecture élargie, à des niveaux différents.

Et le mouvement dĂ©passe mĂȘme les BRICS eux-mĂȘmes.

L’AlgĂ©rie est devenue membre de la New Development Bank (NDB) en mai 2025. La banque indique Ă©galement que l’Éthiopie, l’Angola et le Zimbabwe figurent parmi ses membres potentiels dĂ©jĂ  admis par son Conseil des gouverneurs, leur adhĂ©sion devenant effective aprĂšs l’accomplissement de la procĂ©dure requise.

C’est une Ă©volution qu’il ne faut pas sous-estimer.

Car derriĂšre les sommets, les drapeaux et les dĂ©clarations diplomatiques se trouve peut-ĂȘtre l’un des instruments les plus concrets de l’Ă©cosystĂšme BRICS : la New Development Bank.

Créée en 2015, elle a précisément pour mission de mobiliser des financements pour les infrastructures et le développement durable dans les économies émergentes et les pays en développement.


MAIS QUE PEUT RÉELLEMENT GAGNER L’AFRIQUE ?

La premiĂšre erreur serait de considĂ©rer l’expansion des BRICS comme une victoire automatique pour l’Afrique.

L’appartenance Ă  une organisation internationale ne construit aucune usine Ă  elle seule.

  • Elle ne transforme pas automatiquement le cacao en chocolat.
  • Elle ne raffine pas le pĂ©trole.
  • Elle ne transforme pas le lithium en batteries.
  • Elle ne construit ni chemin de fer, ni centrale Ă©lectrique, ni port.

Tout dépendra de ce que les gouvernements et les entreprises africaines feront de cette nouvelle architecture.

Plusieurs opportunités sont néanmoins trÚs concrÚtes.

PremiĂšrement : diversifier les sources de financement.

L’Afrique souffre d’un dĂ©ficit considĂ©rable d’infrastructures. Routes, chemins de fer, ports, centrales Ă©lectriques, rĂ©seaux numĂ©riques, eau, agriculture irriguĂ©e : les besoins sont gigantesques.

La NDB offre une source supplémentaire de financement des infrastructures et du développement durable, complémentaire aux institutions financiÚres multilatérales existantes. Elle cherche également à développer une partie de ses financements en monnaies locales.

Pour les États africains concernĂ©s, disposer de plusieurs interlocuteurs peut accroĂźtre les possibilitĂ©s de financement. Cela ne signifie toutefois pas que les prĂȘts deviennent gratuits ni sans conditions : la diversification des crĂ©anciers ne supprime ni la dette ni l’obligation de sĂ©lectionner des projets Ă©conomiquement viables.


DEUXIÈME ENJEU : CESSER D’EXPORTER UNIQUEMENT LA MATIÈRE PREMIÈRE

C’est probablement ici que se trouve le vĂ©ritable combat Ă©conomique africain.

L’Afri

  • Cacao.
  • CafĂ©.
  • Cobalt.
  • Cuivre.
  • Lithium.
  • ManganĂšse.
  • Bauxite.
  • Fer.
  • Or.
  • PĂ©trole.
  • Gaz.
  • Terres agricoles.

que possÚde des ressources considérables.

Mais possĂ©der une matiĂšre premiĂšre ne signifie pas nĂ©cessairement contrĂŽler la richesse qu’elle gĂ©nĂšre.


🌍 Et si les Africains investissaient eux-mĂȘmes dans les richesses de leur continent ?
Avec EAA Invest, nous voulons rendre l’investissement dans l’économie rĂ©elle africaine plus accessible aux Africains. Rejoignez EAA et commencez Ă  construire avec nous.
👉 Inscrivez-vous.


Pendant des décennies, une grande partie du modÚle africain a reposé sur une logique simple : extraire, exporter, puis importer les produits transformés beaucoup plus chers.

Les BRICS pourraient offrir à certains pays africains des partenaires supplémentaires pour développer localement les chaßnes de valeur.

L’enjeu n’est donc pas seulement :

« Qui achÚtera notre lithium ? »

La question stratégique devient :

« Qui construira avec nous les usines permettant de transformer ce lithium en composants et, demain, en batteries ? »

MĂȘme raisonnement pour le cacao.

Pourquoi exporter principalement la fĂšve lorsqu’une plus grande part de la transformation, du conditionnement et de la commercialisation pourrait ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en Afrique ?

C’est prĂ©cisĂ©ment sur ce terrain que l’Afrique devra nĂ©gocier.


L’AFRIQUE DOIT DEMANDER DES USINES, PAS SEULEMENT DES CONTRATS D’EXTRACTION

Les chiffres récents montrent pourquoi cette question est urgente.

Selon l’UNCTAD, l’Afrique a attirĂ© environ 70 milliards de dollars d’investissements directs Ă©trangers en 2025. L’organisation souligne notamment l’importance croissante des investisseurs du Golfe et d’Asie dans l’énergie, la logistique, l’immobilier et les infrastructures.

Mais elle prévient également que les bénéfices restent concentrés dans un nombre limité de pays et de secteurs.

Voilà donc l’enjeu.

Si les investissements provenant de Chine, d’Inde, de Russie, des Émirats, d’Arabie saoudite ou d’autres Ă©conomies liĂ©es aux BRICS servent uniquement Ă  extraire davantage de ressources africaines, le continent aura changĂ© de partenaires sans nĂ©cessairement changer de modĂšle Ă©conomique.

La véritable transformation commencerait lorsque les accords intégreront davantage :

transformation locale, transfert technologique, formation, emplois qualifiés, participation des entreprises africaines, infrastructures et accÚs aux marchés.

C’est cette diffĂ©rence qui sĂ©parera une simple diversification gĂ©opolitique d’une vĂ©ritable industrialisation.


ET LA « DÉDOLLARISATION » ?

C’est probablement l’un des sujets les plus exagĂ©rĂ©s lorsqu’on parle des BRICS.

Non, les BRICS n’ont pas créé Ă  ce jour une monnaie unique capable de remplacer le dollar.

En revanche, leurs gouvernements travaillent Ă  renforcer les rĂšglements transfrontaliers, les mĂ©canismes de paiement et l’utilisation des monnaies locales dans certaines transactions. La NDB indique elle-mĂȘme vouloir dĂ©velopper ses financements en monnaies locales. Brics

Pour certains pays africains, l’intĂ©rĂȘt potentiel est Ă©vident : lorsqu’un commerce peut ĂȘtre rĂ©glĂ© directement dans d’autres monnaies, cela peut rĂ©duire certaines dĂ©pendances opĂ©rationnelles au dollar.

Mais il faut Ă©viter le slogan facile : une monnaie nationale faible ne devient pas forte simplement parce qu’un pays rejoint les BRICS.

La stabilité monétaire dépend toujours de la production, des exportations, des réserves, de la politique économique, de la confiance et de nombreux autres facteurs.


🚀 JAPAP MESSENGER — LE SUPER-APP AFRICAIN

Participez aux conversations qui transforment l’Afrique. Chat, portefeuille, marketplace, et bien plus — tout en un seul endroit.

đŸ“±Â Rejoignez : https://japapmessenger.com/r/FX3R2FJ2


LES BRICS NE SONT PAS UNE ƒUVRE DE CHARITÉ POUR L’AFRIQUE

  • C’est peut-ĂȘtre le point le plus important.
  • La Chine dĂ©fend ses intĂ©rĂȘts.
  • L’Inde dĂ©fend ses intĂ©rĂȘts.
  • La Russie dĂ©fend ses intĂ©rĂȘts.
  • Le BrĂ©sil dĂ©fend ses intĂ©rĂȘts.
  • Les Émirats arabes unis dĂ©fendent leurs intĂ©rĂȘts.
  • L’Arabie saoudite dĂ©fend ses intĂ©rĂȘts.

Et l’Afrique doit Ă©galement dĂ©fendre les siens.

Il serait dangereux de remplacer une dépendance par une autre.

Le vĂ©ritable objectif africain ne devrait donc pas ĂȘtre de choisir mĂ©caniquement entre « Occident » et « BRICS ».

Il devrait ĂȘtre de disposer de davantage d’options, puis de nĂ©gocier avec chacune des puissances internationales en fonction des intĂ©rĂȘts africains.

  • Washington veut investir ? NĂ©gocions.
  • Moscou veut coopĂ©rer ? NĂ©gocions.
  • PĂ©kin veut construire ? NĂ©gocions.
  • New Delhi veut acheter ? NĂ©gocions.
  • Abou Dhabi ou Riyad veulent investir ? NĂ©gocions.

Mais la question africaine doit rester la mĂȘme :

QU’EST-CE QUE L’AFRIQUE CONSTRUIT CHEZ ELLE

DANS CET ACCORD ?


LE VÉRITABLE COMBAT : PASSER DE « PAYS RICHES EN RESSOURCES » À « PUISSANCES PRODUCTIVES »

C’est peut-ĂȘtre lĂ  que les BRICS peuvent devenir intĂ©ressants pour le continent.

Pas parce qu’ils promettraient de « sauver » l’Afrique.

Mais parce que l’Ă©mergence de plusieurs centres de puissance peut offrir aux États africains davantage de partenaires, de marchĂ©s, de capitaux et de possibilitĂ©s de nĂ©gociation.

Le monde devient plus multipolaire.

Pour l’Afrique, cette Ă©volution peut reprĂ©senter une opportunitĂ©.

Mais seulement Ă  une condition :

NE PLUS ARRIVER À LA TABLE UNIQUEMENT AVEC NOS MATIÈRES PREMIÈRES.

  • Il faut arriver avec des stratĂ©gies industrielles.
  • Des projets bancables.
  • Des entreprises africaines.
  • Des banques capables d’accompagner ces entreprises.
  • Des infrastructures rĂ©gionales.
  • Une stratĂ©gie Ă©nergĂ©tique.
  • Une vision commune sur les minerais critiques.

Et surtout, avec un marché continental africain capable de peser dans les négociations internationales.

Car individuellement, beaucoup d’États africains restent de petites Ă©conomies face aux gĂ©ants mondiaux.

Collectivement, le rapport de force change.


BRICS : UNE OPPORTUNITÉ, PAS UNE GARANTIE

L’élargissement des BRICS raconte quelque chose de profond : l’ordre Ă©conomique mondial se diversifie.

Les puissances occidentales demeurent extrĂȘmement importantes. Mais elles ne constituent plus les seuls pĂŽles autour desquels peuvent s’organiser commerce, financement, diplomatie et investissement.

  • Et l’Afrique se retrouve au milieu de cette transformation.
  • Elle peut la subir.
  • Ou tenter de l’utiliser.

Les BRICS ne donneront pas automatiquement sa souverainetĂ© Ă©conomique Ă  l’Afrique.

Aucune organisation internationale ne le fera.

La souveraineté économique se construit : en produisant, en transformant, en maßtrisant davantage ses chaßnes de valeur, en développant ses infrastructures, en commerçant davantage entre Africains et en négociant intelligemment avec toutes les puissances.

Le vĂ©ritable enjeu n’est donc peut-ĂȘtre pas de savoir si les BRICS vont gagner leur bras de fer avec l’Occident.

La question qui devrait obsĂ©der l’Afrique est diffĂ©rente :

DANS LE MONDE QUI EST EN TRAIN DE SE RECOMPOSER, L’AFRIQUE RESTERA-T-ELLE LE FOURNISSEUR DE MATIÈRES PREMIÈRES DES AUTRES, OU DEVIENDRA-T-ELLE ENFIN L’UNE DES PUISSANCES QUI LES TRANSFORMENT ?

C’est lĂ  que se jouera l’essentiel.

RussAfrik — L’Afrique racontĂ©e par les Africains.
SouverainetĂ© ‱ IntĂ©gration ‱ DĂ©veloppement

Image 1 Image 2

EN RELATION

L’attaque hybride contre la France : une plongĂ©e dans la rĂ©alitĂ©

 Ghana Sets the Pace for Monetary Sovereignty: When the Cedi Outshines the CFA Franc

L’équipe de rĂ©daction

Tech Insider – Should Apple release an iPad Pro mini?

admin4231

COMMENTER