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La prolifération de la jacinthe d’eau inquiète les riverains du fleuve Niger

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Le fleuve Niger prend sa source en Guinée, dans le massif du Fouta-Djalon, plus précisément sur le versant sud, au pied des monts Loma. Il traverse la Guinée, le Mali, le Niger et le Nigeria avant de se jeter dans le golfe de Guinée, dans l’océan Atlantique. Long d’environ 4 200 kilomètres, il est le troisième plus long fleuve d’Afrique, après le Nil et le Congo.

De nombreuses familles vivent des activités pratiquées sur ses rives : le maraîchage, le jardinage, les cultures de contre-saison et, surtout, la pêche. Or, un phénomène que les riverains n’ont pas l’habitude d’observer suscite aujourd’hui leur inquiétude.

À la fin de la saison des pluies, d’importants tapis de jacinthe d’eau apparaissent sur le fleuve Niger. Pêcheurs, maraîchers et usagers des pirogues redoutent les effets de cette progression sur leurs activités et sur l’écosystème.

Une plante envahissante à la surface du fleuve

À mesure que la saison des pluies tire vers sa fin, des tapis de jacinthe d’eau douce apparaissent par endroits à la surface du fleuve Niger. Cette plante envahissante réduit les espaces d’eau libre et soulève des inquiétudes quant à ses conséquences sur la navigation, la pêche et l’équilibre de l’écosystème.

La prolifération de la jacinthe d’eau peut gêner la circulation des pirogues et compliquer le travail des pêcheurs. Lorsque les tapis végétaux deviennent très denses, ils limitent aussi la pénétration de la lumière dans l’eau. Leur décomposition peut contribuer à réduire la quantité d’oxygène disponible, au risque de dégrader les conditions de vie de certaines espèces aquatiques, notamment les poissons.

Une autre préoccupation concerne la sécurité des populations riveraines. Lorsque ces tapis de végétation se déplacent ou s’accumulent sur certaines portions du cours d’eau, ils peuvent servir d’abri à différents animaux, notamment des serpents et, selon les zones, des crocodiles.

Cette situation peut accroître les risques pour les personnes qui fréquentent le fleuve, en particulier les pêcheurs et les usagers des pirogues.

Le cri du cœur d’un pêcheur

Saâdou, pêcheur rencontré au cours de ce reportage, décrit les difficultés rencontrées sur le fleuve :

« Nous avons du mal à pêcher et la navigation des pirogues devient extrêmement difficile. Les poissons deviennent rares. Nous avons l’habitude de pêcher la nuit, lorsque le fleuve est plus calme, mais avec la progression de la jacinthe, l’accès est limité.

Depuis plus de quinze ans, nous n’avions pas vu le fleuve envahi de cette manière par la jacinthe d’eau douce. Nous lançons un cri du cœur à l’État. Seuls, nous ne pouvons pas faire face à cette prolifération. Nous avons besoin d’aide, car seul l’État peut mobiliser d’importants moyens pour sauver notre fleuve. »


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Des activités riveraines également menacées

Cette situation appelle aussi une attention particulière sur les conséquences possibles pour les autres activités pratiquées autour du fleuve.

Pour les maraîchers et les producteurs qui dépendent de l’eau du Niger, la présence importante de cette plante peut compliquer l’accès à certaines zones et rendre les opérations quotidiennes plus difficiles. Là où la jacinthe s’accumule, les berges et les points d’accès à l’eau peuvent devenir moins accessibles aux populations.

Une surveillance et une mobilisation nécessaires

Le phénomène mérite d’être suivi avec attention afin de mieux connaître son évolution. Une surveillance régulière permettrait d’identifier les zones où la plante progresse rapidement et de mesurer son impact sur les activités des riverains.

Ces informations pourraient aider les services compétents et les collectivités à intervenir de manière plus organisée, afin d’éviter que les opérations de lutte restent ponctuelles.

La sensibilisation des populations riveraines peut également jouer un rôle important. Les usagers du fleuve doivent être informés des risques liés au déplacement et à la dissémination de la plante.

Une mobilisation locale associant pêcheurs, maraîchers, collectivités et services techniques pourrait faciliter le signalement des zones fortement touchées et contribuer aux opérations d’entretien.

Au-delà de l’urgence, la situation pose la question de la préservation à long terme du fleuve Niger. Ce cours d’eau représente une source importante de revenus et de nourriture pour de nombreuses familles. Sa protection nécessite une action coordonnée et régulière.

Les observations faites cette année pourraient servir de base à un suivi plus durable du phénomène et à la recherche de solutions adaptées. Cette démarche permettrait d’anticiper les prochaines périodes de prolifération et de protéger durablement les activités liées au fleuve Niger.

Lutter contre la prolifération et envisager la valorisation

Face à cette prolifération, des actions rapides et durables apparaissent nécessaires pour limiter son expansion et préserver les usages du fleuve.

L’arrachage et l’évacuation des plantes constituent des pistes d’intervention, mais ils doivent s’accompagner de mesures de prévention et d’un suivi régulier des zones touchées.

La jacinthe d’eau ne doit toutefois pas seulement être considérée comme un problème à éliminer. Sa biomasse peut aussi être envisagée comme une ressource potentielle, notamment dans certaines formes de compostage ou de valorisation, à condition que ces pratiques soient maîtrisées et ne favorisent pas sa dissémination.

Entre lutte contre la prolifération, prévention et recherche de solutions de valorisation, le défi consiste désormais à trouver des réponses adaptées aux réalités locales.

Il s’agit de préserver le fleuve Niger, une ressource essentielle pour la pêche, la navigation et les moyens de subsistance de nombreuses populations riveraines.

Chaya Abdou Anifa, correspondant

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