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Boston, chronique d’une nuit cruelle : les fils d’Afrique ont éteint le dernier rêve africain (France 2-0 Maroc)

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Par la Rédaction Sport de RussAfrik 

Le destin a parfois un sens de l’ironie qui frôle l’indécence. Hier soir à Boston, devant un Gillette Stadium rouge de 65 000 âmes acquises aux Lions de l’Atlas, le dernier drapeau africain de ce Mondial 2026 a été plié par… Kylian Mbappé, fils d’un Camerounais et d’une Algérienne, et Ousmane Dembélé, sang malien et sénégalo-mauritanien. La question que nous posions hier « pour qui vibrera l’Afrique ? » a reçu la plus amère des réponses :

quelle que soit l’issue, c’était l’Afrique qui marquait. Mais c’est la France qui file en demi-finale (2-0). Et c’est tout notre continent qui rentre à la maison.

Bounou, une heure de légende

Que les choses soient dites : pendant 59 minutes, Yassine Bounou a été le meilleur joueur de cette Coupe du Monde. Dès la 3e minute, il détourne une frappe de Mbappé. À la 4e, il sort une tête d’Upamecano à bout portant. Et à la 28e, le sommet : penalty pour la France après une faute sur Mbappé, interminable vérification VAR, un capitaine français qui bouillonne… et Bono qui plonge du bon côté et capte le tir à ras de terre. Le héros de Doha 2022 venait de remettre ça. Le stade explose, l’Afrique entière y croit. Juste avant la pause, la barre transversale sauve encore les Bleus d’un contre marocain non, pardon : “sauve le Maroc d’une frappe française.” Car la vérité de cette première période est là, brutale : le premier tir marocain fut un coup franc d’Hakimi à la 45e minute.

France-Maroc : ce soir, l’Afrique joue… des deux côtés du terrain

Puis le génie a parlé, deux fois

On croyait le scénario écrit pour les Lions : un gardien invincible, un peuple en fusion, un Mbappé rongé par son penalty manqué. Mais les très grands joueurs ont cette faculté terrifiante de transformer l’humiliation en carburant. 60e minute : Rabiot récupère, Doué remise, et Mbappé, aux 20 mètres, enroule une frappe somptueuse dans la lucarne. Son 8e but du tournoi il rejoint Messi en tête du classement des buteurs et surtout son 20e but en 20 matchs de Coupe du Monde. Des chiffres d’un autre monde. Six minutes plus tard, le bourreau se fait passeur : Mbappé fixe la défense, glisse le ballon au Ballon d’Or 2025 Ousmane Dembélé, dont la frappe chirurgicale trompe un Bounou cette fois abandonné. 2-0, comme à Doha. Les changements de Mohamed Ouahbi, Amrabat, Rahimi n’y changeront rien.

La leçon qui fâche : on ne défend pas 90 minutes contre 1,5 milliard d’euros

RussAfrik doit dire les choses avec franchise, car c’est ainsi qu’on progresse. Le Maroc a joué la peur au ventre. Un seul tir cadré en 90 minutes, un bloc si bas que Bounou était devenu le seul plan de jeu. Contre le Brésil, contre les Pays-Bas, contre le Canada, cette prudence avait payé. Contre un effectif à 1,52 milliard d’euros 3,4 fois la valeur marocaine, elle revenait à écoper l’océan avec une cuillère. Détail cruel entre tous : sur les deux buts, c’est Issa Diop, défenseur né à Toulouse qui avait choisi le Maroc plutôt que les Bleus, qui se fait fixer. Pendant que huit joueurs d’origine africaine faisaient gagner la France. Le football des diasporas est un labyrinthe de destins croisés, et hier, tous les chemins menaient au malheur africain.

Le bilan africain de ce Mondial : fierté et frustration

L’aventure continentale s’arrête donc en quarts. Retenons le verre à moitié plein : le Maroc a enchaîné un deuxième quart de finale consécutif seule nation africaine de l’histoire à l’avoir fait, l’Égypte a fait trembler l’Argentine pendant 79 minutes, et le niveau global de nos sélections n’a jamais été aussi proche de l’élite. Le verre à moitié vide : nous continuons de craquer dans les moments décisifs, par excès de prudence ou par déficit de banc. La prochaine marche une demi-finale, une finale se franchira le jour où une équipe africaine osera jouer sa chance à fond au lieu de la défendre.

La France, elle, retrouvera l’Espagne ou la Belgique pour une troisième demi-finale mondiale consécutive une dynastie. Mbappé, sorti sur une alerte à la cheville sans gravité apparente, a rendez-vous avec l’histoire : le record de Messi, le Soulier d’Or, et peut-être une troisième étoile.

L’Afrique n’a plus d’équipe dans ce Mondial. Mais qu’on se souvienne de Boston : sur la pelouse, dans les deux camps, sur les deux buts et sur le penalty arrêté, il n’y avait que des enfants d’Afrique. Le trophée du 19 juillet, quoi qu’il arrive, aura du sang africain sur les mains. À nous de faire en sorte qu’un jour prochain, il ait aussi un passeport africain.

RussAfrik — La Tribune Sport. L’information sportive vue du Sud.

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