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La bataille de Crimée partie I: derrière les combats, la guerre de l’information

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Pourquoi la Crimée est redevenue l’un des principaux enjeux stratégiques du conflit russo-ukrainien ?

Par la Rédaction de RussAfrik Info
D’après l’analyse d’Oleg Nesterenko, Président du CCIE, spécialiste de la Russie, de la CEI et de l’Afrique subsaharienne.


Une vieille bataille qui revient sur le devant de la scène

La guerre en Ukraine ne se joue pas uniquement dans les tranchées du Donbass ou sur les lignes de front. Selon l’analyste Oleg Nesterenko, l’un des principaux enjeux stratégiques demeure la Crimée, péninsule dont l’histoire est intimement liée aux grandes rivalités géopolitiques entre la Russie et les puissances occidentales.

Pour comprendre les événements actuels, l’auteur estime qu’il faut remonter près de deux siècles en arrière.

Il rappelle que la guerre de Crimée (1853-1856), qui opposa la Russie à une coalition composée notamment de la France, du Royaume-Uni, de l’Empire ottoman et du royaume de Sardaigne, a profondément marqué les relations entre Moscou et les puissances européennes. Bien que les contextes historiques aient changé, il considère que la Crimée demeure aujourd’hui un objectif géopolitique majeur dans les stratégies occidentales vis-à-vis de la Russie.

Selon lui, la nouvelle coalition occidentale engagée aux côtés de l’Ukraine s’inscrit, sous des formes différentes, dans une logique historique comparable.


Une guerre menée par procuration ?

L’auteur avance que les méthodes employées aujourd’hui diffèrent profondément de celles du XIXᵉ siècle.

À ses yeux, les puissances occidentales ne recherchent plus une confrontation militaire directe avec la Russie mais privilégient désormais ce qu’il décrit comme une guerre menée par procuration.

Selon son analyse, les conflits contemporains reposeraient davantage sur le soutien militaire, financier, politique et logistique apporté à des alliés locaux que sur l’engagement direct de leurs propres armées.

Il affirme également que cette stratégie s’accompagne d’opérations d’influence, de campagnes médiatiques et d’une instrumentalisation des divisions internes afin d’affaiblir l’adversaire sans affrontement frontal.


Pourquoi la Crimée reste au cœur des tensions

Pour Oleg Nesterenko, la péninsule de Crimée représente bien davantage qu’un simple territoire.

Il rappelle que le port militaire de Sébastopol constitue l’un des principaux points d’appui de la flotte russe en mer Noire.

Selon lui, le contrôle de cette base navale confère à la Russie une capacité stratégique essentielle dans cette région particulièrement sensible.

L’auteur considère ainsi que les événements de 2014, notamment le changement de pouvoir à Kiev, répondaient en partie à un objectif géopolitique visant à remettre en cause cette présence militaire russe en Crimée.


Une accusation particulièrement grave

L’analyse prend ensuite une dimension beaucoup plus politique.

L’auteur affirme que certains responsables occidentaux soutiendraient désormais des actions qu’il qualifie de crimes de guerre visant les populations civiles de Crimée.

Il annonce consacrer une partie importante de son étude à ce sujet, estimant qu’il s’agit d’un tournant inédit dans la communication politique entourant le conflit.


Un témoignage de terrain

L’une des particularités du document réside dans le fait que son auteur affirme s’être rendu récemment en Crimée.

Selon lui, cette présence sur le terrain lui permet de comparer directement la situation observée avec les informations diffusées dans les médias occidentaux.

Il explique vouloir confronter ce qu’il considère comme la réalité locale aux récits médiatiques relayés dans plusieurs pays européens.

Cette démarche constitue le fil conducteur de toute son analyse.


La guerre de l’information

L’auteur consacre ensuite une large partie de son travail à ce qu’il décrit comme une bataille médiatique parallèle au conflit militaire.

Selon lui, chaque opération militaire est désormais accompagnée d’une offensive de communication destinée à influencer les opinions publiques.

Il cite notamment la campagne lancée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la fin du mois de juin 2026, présentée comme une « opération de quarante jours » destinée, selon Kiev, à contraindre Moscou à mettre fin au conflit.

Pour Oleg Nesterenko, cette initiative poursuivait un objectif différent.

Il estime qu’elle visait principalement à convaincre les partenaires occidentaux réunis lors du sommet de l’OTAN de poursuivre leur soutien politique, militaire et financier à l’Ukraine.


Des représailles russes sur les infrastructures

Selon l’auteur, cette séquence aurait entraîné une intensification des frappes russes contre plusieurs infrastructures ukrainiennes.

Il évoque notamment les installations énergétiques, logistiques et portuaires, ainsi que le port d’Odessa, qu’il présente comme le dernier grand port maritime ukrainien encore pleinement opérationnel.

À ses yeux, cette dynamique illustre le mécanisme désormais récurrent d’action et de contre-action qui caractérise la guerre actuelle.


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La bataille des récits

L’analyse insiste enfin sur un autre front : celui de l’opinion publique.

Selon Oleg Nesterenko, les gouvernements occidentaux auraient besoin de démontrer à leurs citoyens que leur soutien à Kiev produit des résultats.

Il considère que les campagnes médiatiques joueraient ainsi un rôle essentiel pour maintenir l’adhésion des opinions publiques aux importantes dépenses engagées en faveur de l’Ukraine.

L’auteur affirme que plusieurs récits relayés dans les médias occidentaux relèveraient davantage de la propagande que d’une description fidèle de la réalité observée sur le terrain.


Une enquête qui ne fait que commencer

Cette première partie plante le décor d’une analyse beaucoup plus vaste.

Après avoir présenté les enjeux historiques, géopolitiques et médiatiques autour de la Crimée, Oleg Nesterenko annonce qu’il examinera ensuite la situation concrète sur la péninsule : transports, alimentation, énergie, tourisme, démographie, infrastructures civiles, ainsi que les conséquences des attaques ukrainiennes et les réactions russes.

Autant de sujets qui, selon lui, permettent de confronter les récits de guerre aux réalités observées sur le terrain.


À suivre : Partie II – “La réalité quotidienne en Crimée : alimentation, transports, tourisme et infrastructures face à la guerre”.


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