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AFRIQUE : TIKTOK N’A JAMAIS LIBÉRÉ UN PEUPLE

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Éditorial RussAfrik — « Le Changement, c’est maintenant »

Pour cette jeunesse africaine qui refuse la résignation et choisit de construire.


À LA JEUNESSE AFRICAINE : ON VOUS VOIT, ON VOUS ÉCOUTE, ON VOUS ATTEND

Kigali. Dakar. Kinshasa. Bamako. Accra. Douala. Bangui. Libreville.

De Casablanca au Cap, une partie de la jeunesse africaine est debout… mais trop souvent derrière l’écran de son téléphone.

Elle publie des vidéos TikTok sur la révolution. Elle partage des statuts sur la liberté.

Elle écrit des messages indignés sur la corruption, le chômage, la mauvaise gouvernance et l’injustice.

Puis elle ferme l’application et reprend le cours ordinaire de sa vie.

Pendant ce temps, rien ne change réellement.

Les mêmes systèmes demeurent.
Les mêmes dépendances persistent.
Les mêmes injustices se reproduisent.

Les réseaux sociaux peuvent éveiller les consciences, diffuser des idées et mobiliser une communauté. Mais ils ne deviennent des instruments de transformation que lorsqu’ils conduisent à une organisation concrète.

Une vidéo virale n’est pas encore une victoire.

Un million de vues ne construit ni une école, ni une usine, ni un laboratoire, ni une entreprise.


LA VÉRITÉ QUE LES INFLUENCEURS DISENT RAREMENT

La force d’une jeunesse ne se mesure pas au volume de ses cris sur Internet.

Elle se mesure à sa capacité à :

  • ✊ transformer la colère en conscience ;
  • ✊ transformer la conscience en organisation ;
  • ✊ transformer l’organisation en créativité ;
  • ✊ transformer la créativité en puissance économique et intellectuelle ;
  • ✊ transformer cette puissance en changement durable.

Voilà la véritable formule.

Il n’existe pas de raccourci. Aucun hashtag ne remplacera le travail, la compétence, la discipline et l’organisation.

Le changement réel ne vient pas seulement de la dénonciation.

Il vient de la création.

Créer des alternatives.
Créer des entreprises.
Créer des écoles.
Créer des solutions.
Créer des institutions crédibles.
Créer son avenir au lieu d’attendre éternellement que d’autres le construisent.


CINQ VÉRITÉS QUE NOUS DEVONS AVOIR LE COURAGE D’ENTENDRE

1. Les réseaux sociaux peuvent devenir de simples exutoires

TikTok, Instagram, Facebook et X permettent d’exprimer la colère. Mais cette liberté d’expression numérique peut aussi devenir une soupape qui absorbe l’indignation sans jamais menacer les fondements du système.

On crie.
On partage.
On s’indigne.
On recommence le lendemain.

Mais aucune structure n’est créée.

La question n’est donc pas seulement : « Combien de personnes ont regardé votre vidéo ? »

La véritable question est :

Qu’avez-vous construit après avoir publié cette vidéo ?


2. Aucun pays ne se transforme uniquement par les discours

Les nations qui progressent durablement ne se contentent pas de remplacer un dirigeant par un autre. Elles développent des compétences, renforcent leurs institutions, investissent dans la production et organisent leur économie.

Le Ghana, malgré ses propres difficultés, a structuré une industrie aurifère importante, formé des ingénieurs et développé des mécanismes de commercialisation de l’or.

Le Vietnam a bâti une économie industrielle grâce à la formation, à la production, à l’organisation et à une stratégie nationale poursuivie pendant plusieurs décennies.

Les pays qui avancent ne parlent pas seulement de souveraineté.

Ils construisent les capacités nécessaires pour l’exercer.


3. Le véritable changement exige de l’intelligence stratégique

Le courage ne consiste pas à se sacrifier inutilement.

Il consiste à comprendre le fonctionnement d’un système afin de créer les moyens de ne plus en dépendre.

Les régimes et les systèmes injustes commencent à perdre leur emprise lorsque les citoyens :

  • maîtrisent le savoir ;
  • créent leurs propres emplois ;
  • développent des entreprises solides ;
  • organisent des coopératives ;
  • financent leurs initiatives ;
  • produisent localement ;
  • construisent des institutions crédibles ;
  • deviennent économiquement indépendants.

Ce qui inquiète le plus un système défaillant, ce n’est pas toujours le bruit de la rue.

C’est une population compétente, organisée et autonome.


4. L’éducation demeure l’arme la plus puissante

Pourquoi certains pays africains parviennent-ils à mieux valoriser leurs ressources naturelles que d’autres ?

Ce n’est pas uniquement une question de quantité disponible dans le sous-sol.

C’est aussi une question de formation, d’organisation, de contrôle et de gouvernance.

Le Ghana a développé une production aurifère considérable parce qu’il dispose notamment d’entreprises structurées, d’ingénieurs, de géologues, d’institutions minières et de circuits de commercialisation plus développés.

Au Cameroun, il serait trompeur d’affirmer que le pays ne produit que « 12 kilogrammes d’or ». Le véritable problème est ailleurs : une quantité importante de l’or attribué au Cameroun échappe aux circuits officiels.

En 2023, environ 953 kilogrammes auraient été déclarés comme production, tandis que les exportations officiellement enregistrées demeuraient extrêmement faibles. Dans le même temps, des quantités beaucoup plus importantes apparaissaient dans les statistiques d’importation de partenaires étrangers.

Le scandale n’est donc pas l’absence d’or.

Le scandale est l’incapacité à tracer, contrôler, transformer et valoriser correctement cette richesse.

La jeunesse africaine doit comprendre cette leçon : posséder des ressources ne suffit pas. Il faut maîtriser les sciences, les techniques, les finances et les institutions qui permettent de les exploiter souverainement.


5. L’organisation pacifique produit le changement durable

S’organiser ne signifie pas seulement manifester ou créer un groupe sur WhatsApp.

S’organiser, c’est :

  • ✊ constituer des collectifs de réflexion ;
  • ✊ créer des coopératives économiques ;
  • ✊ lancer des campagnes citoyennes intelligentes ;
  • ✊ construire des entreprises et des institutions crédibles ;
  • ✊ former une masse critique d’ingénieurs, de chercheurs et d’entrepreneurs ;
  • ✊ défendre ses droits par des moyens pacifiques, légaux et structurés ;
  • ✊ demander des comptes aux dirigeants avec des faits, des propositions et une vision.

Le véritable mot d’ordre n’est donc pas seulement : « Protester ».

C’est aussi : construire.


COMMENT TRANSFORMER LA COLÈRE EN CHANGEMENT

Étape 1 — Transformer la colère en conscience

Vous êtes en colère contre la corruption, le chômage, les inégalités et la mauvaise gouvernance ?

Cette colère est légitime.

Mais elle doit devenir une énergie intellectuelle.

Étudiez.
Lisez.
Analysez.
Interrogez les chiffres.
Comprenez le budget de votre pays.
Comprenez son économie.
Comprenez le fonctionnement des institutions.

Il ne suffit pas de savoir que son pays est mal gouverné.

Il faut comprendre précisément comment il est gouverné, où se trouvent les blocages et quelles solutions pourraient être mises en œuvre.


Étape 2 — Transformer la conscience en organisation

Regroupez-vous autour de projets concrets.

Créez :

  • des groupes d’étude ;
  • des laboratoires d’idées ;
  • des réseaux professionnels ;
  • des coopératives ;
  • des associations citoyennes ;
  • des fonds d’investissement communautaires ;
  • des programmes de mentorat ;
  • des plateformes de formation.

Les idées isolées produisent rarement une transformation nationale.

Les idées organisées deviennent une force.


Étape 3 — Transformer l’organisation en créativité

Lorsque l’école publique rencontre des difficultés, créez des solutions complémentaires de formation.

Lorsque les jeunes n’ont pas accès au financement, développez des mécanismes légaux de financement communautaire.

Lorsque l’agriculture manque de technologie, concevez des outils adaptés aux réalités locales.

Lorsque les industries manquent de compétences, formez les ingénieurs et les techniciens dont elles ont besoin.

Chaque problème africain doit devenir une opportunité de création africaine.


Étape 4 — Transformer la créativité en puissance économique

Achetez local lorsque la qualité est au rendez-vous.

Produisez localement.

Investissez dans les entreprises africaines sérieuses.

Formez et employez localement.

Construisez des chaînes de valeur africaines dans :

  • l’agriculture ;
  • l’énergie ;
  • les mines ;
  • la technologie ;
  • la finance ;
  • la santé ;
  • l’éducation ;
  • l’industrie ;
  • les médias ;
  • la logistique.

La souveraineté politique demeure fragile sans souveraineté économique.

Un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme restera dépendant de ceux qui le produisent à sa place.


Étape 5 — Transformer la puissance économique en changement institutionnel

Lorsque des millions de jeunes créent leurs entreprises, maîtrisent la technologie, financent leurs projets et participent sérieusement à la vie publique, le rapport de force change.

Les gouvernements sont alors obligés de négocier avec une génération devenue compétente, productive et organisée.

La transformation ne vient plus uniquement de la contestation.

Elle vient d’une nouvelle puissance sociale, économique et intellectuelle.


UN MESSAGE À CHAQUE JEUNESSE AFRICAINE

Au Cameroun

Ne vous contentez pas de dénoncer la disparition de l’or dans les circuits informels.

Formez des géologues.
Créez des entreprises minières légales.
Développez des laboratoires d’analyse.
Construisez des technologies de traçabilité.
Exigez la transparence sur les permis, la production et les exportations.

Le Cameroun ne manque pas nécessairement de ressources.

Il manque surtout d’une organisation capable de transformer ses ressources en prospérité collective.

Au Ghana

Vous avez démontré qu’une industrie aurifère africaine d’envergure est possible.

La prochaine étape doit être de transformer davantage localement, protéger l’environnement, combattre l’exploitation illégale et partager l’expertise avec le reste du continent.

L’Afrique a besoin d’un véritable réseau panafricain d’ingénieurs, de géologues et d’entrepreneurs miniers.

Au Togo

L’organisation politique doit être accompagnée d’une organisation économique, intellectuelle et citoyenne.

Créez des coopératives.
Développez des médias crédibles.
Formez les jeunes.
Construisez des alternatives économiques.

Une nation ne se transforme pas uniquement en changeant ses dirigeants. Elle se transforme en développant les institutions capables de survivre aux dirigeants.

Partout en Afrique

Étudiez.
Créez.
Organisez-vous.
Investissez.
Innovez.
Réussissez.
Transmettez.

C’est cela, le véritable changement.


LES TROIS PILIERS DE LA LIBÉRATION AFRICAINE

Premier pilier : l’éducation

Devenez experts dans les domaines stratégiques :

  • ingénierie ;
  • finance ;
  • technologie ;
  • agriculture ;
  • énergie ;
  • médecine ;
  • droit ;
  • administration publique ;
  • intelligence artificielle ;
  • exploitation et transformation des ressources naturelles.

Devenez si compétents que votre pays ne puisse plus se développer sans votre participation.


Deuxième pilier : l’entrepreneuriat

Créez les entreprises dont vos pays ont besoin.

Créez de la richesse.
Employez d’autres jeunes.
Payez correctement vos collaborateurs.
Respectez les lois.
Innovez.
Investissez dans la durée.

L’entrepreneuriat n’est pas seulement une manière de devenir riche. Lorsqu’il est responsable, il constitue un instrument de souveraineté nationale.


Troisième pilier : l’organisation intellectuelle et citoyenne

Créez des think tanks, des réseaux de chercheurs, des associations professionnelles, des coopératives et des plateformes panafricaines.

L’Afrique ne manque pas d’intelligence.

Elle manque souvent de mécanismes capables de réunir cette intelligence, de la financer et de la transformer en décisions publiques.

Nous devons produire des solutions africaines adaptées à nos réalités, sans refuser d’apprendre intelligemment de l’expérience des autres peuples.


AUX GOUVERNEMENTS AFRICAINS : VOICI CE QUI DEVRAIT VOUS INTERPELLER

Ce qui fragilise réellement un État, ce n’est pas l’existence d’une jeunesse instruite et indépendante.

C’est l’incapacité des institutions à répondre à ses aspirations.

Lorsqu’un gouvernement ferme les portes de l’éducation, du financement et de l’emploi, il fabrique lui-même la frustration qui le menace.

Les États africains doivent donc comprendre que l’indépendance économique de leurs citoyens n’est pas un danger.

Elle est une force nationale.

Un gouvernement responsable doit :

  • faciliter la création d’entreprises ;
  • protéger les entrepreneurs ;
  • financer la recherche ;
  • valoriser les compétences ;
  • garantir la concurrence ;
  • lutter contre la corruption ;
  • ouvrir les marchés publics aux jeunes entreprises ;
  • investir dans la formation scientifique et technique ;
  • écouter la société civile ;
  • rendre compte de la gestion des ressources nationales.

Un État ne devient pas puissant en maintenant sa population dans la dépendance. Il devient puissant lorsque ses citoyens deviennent eux-mêmes puissants.


JEUNESSE AFRICAINE : VOUS AVEZ LE POUVOIR

Pas uniquement le pouvoir de crier plus fort.

Le pouvoir de construire mieux.

Vous avez des cerveaux : utilisez-les.

Vous avez des mains : bâtissez avec elles.

Vous avez des idées : réalisez-les.

Vous avez la jeunesse : ne la gaspillez pas.

Vous avez de la colère : transformez-la en discipline, en connaissance et en créativité.

Voilà votre véritable arme.


TIKTOK OU LA CRÉATION : CHOISISSEZ

Deux chemins se présentent à la jeunesse africaine.

Premier chemin : l’illusion numérique

Continuer à publier des vidéos.

Accumuler les vues.

Confondre la popularité avec l’influence.

Dénoncer tous les jours sans rien organiser.

Être célèbre numériquement, mais impuissant économiquement.

Deuxième chemin : la construction

Étudier.

Créer.

S’organiser.

Développer des alternatives.

Financer des projets.

Former d’autres jeunes.

Construire des entreprises, des écoles, des laboratoires et des institutions.

Devenir économiquement indépendant et intellectuellement libre.

Les réseaux sociaux peuvent accompagner ce deuxième chemin. Ils peuvent transmettre les connaissances, connecter les compétences et mobiliser autour de projets.

Mais ils ne doivent jamais devenir une destination.

Ils doivent rester un outil.


LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT

Ne prétendons pas changer l’Afrique uniquement parce que nous avons partagé une vidéo ou publié un message.

Le changement se construit :

dans les salles de classe ;

dans les ateliers ;

dans les champs ;

dans les laboratoires ;

dans les entreprises ;

dans les administrations ;

dans les bibliothèques ;

devant les ordinateurs ;

et partout où des femmes et des hommes travaillent sérieusement à résoudre un problème.

L’Afrique n’a pas seulement besoin de voix capables de dénoncer.

Elle a besoin de mains capables de construire.

Elle n’a pas seulement besoin de colère.

Elle a besoin de compétence, d’organisation et de vision.


AFRIQUE, CRÉE !

Partagez cet article si son message vous parle.

Mais après l’avoir partagé, posez-vous cette question :

Qu’est-ce que je vais créer ?

Lancez une entreprise.
Écrivez un livre.
Développez une application.
Créez une école.
Formez un jeune.
Rejoignez une coopérative.
Financez une initiative.
Résolvez un problème.

Car l’Afrique ne changera pas grâce au nombre de partages.

Elle changera lorsque sa jeunesse transformera les idées partagées en réalités construites.

TikTok peut porter le message. Mais seule la création peut transformer le continent.


RussAfrik — Le Changement, c’est maintenant

Écrit pour la jeunesse qui refuse la résignation.
Écrit pour les peuples qui refusent le diktat.
Écrit pour l’Afrique qui se relève.
Écrit pour l’Afrique qui crée.

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