Par la Rédaction Sport de RussAfrik — Mardi 7 juillet 2026
Il était 22h37 à Atlanta quand le cœur de l’Afrique s’est arrêté de battre. Pendant 79 minutes, un continent entier a rêvé debout. Pendant 79 minutes, les Pharaons de Hossam Hassan ont tenu le champion du monde à la gorge, 2-0, à douze minutes d’un exploit qui aurait résonné de Casablanca au Cap. Et puis “Lionel LE Messi” a décidé que l’histoire ne s’écrirait pas ce soir-là pour l’Afrique. Treize minutes de folie, trois buts argentins, et un stade qui bascule de l’incrédulité à l’hystérie. 3-2. Cruel. Magnifique. Inoubliable.
Les Pharaons avaient tout fait
Reprenons le fil de cette soirée irréelle. Dès le coup d’envoi, l’Égypte impose son plan avec une discipline de fer. À la 15e minute, sur un corner d’Attia déposé au cordeau, Yasser Ibrahim s’élève plus haut que Lisandro Martínez et fusille Emiliano Martínez de la tête. 1-0. Le stade climatisé d’Atlanta se glace.
Six minutes plus tard, le tournant qui aurait dû tout changer : penalty pour l’Argentine, Messi face à Mostafa Shobeir. Le jeune gardien égyptien devine, plonge, repousse. Le géant vient de rater ce que le monde entier attendait de lui. Shobeir enchaîne les miracles face à Álvarez à la 39e, sur coup franc de Messi à la 31e. Un mur. Et à la 67e, l’impensable : Mostafa Ziko double la mise. 2-0. Les Pharaons de Mohamed Salah touchent du doigt le plus grand exploit de leur histoire, cent ans après leur première participation mondiale.

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Puis la légende s’est réveillée
Ce qui suit relève moins du football que de la mythologie. 79e minute : Messi, muselé toute la soirée, dépose un centre parfait sur la tête de Cristian Romero. 2-1. 83e : Shobeir repousse un centre du poing, le ballon revient au numéro 10 qui, d’une demi-volée du gauche à contre-pied, égalise. Son 8e but dans ce Mondial, le 21e de sa carrière en Coupe du Monde. À 39 ans. Le penalty manqué ? Effacé, gommé, oublié.
Et dans le temps additionnel, le coup de grâce : Álvarez récupère dans sa propre surface, lance Lautaro Martínez dont le centre au second poteau trouve la tête croisée d’Enzo Fernández. 90e+3. 3-2. L’Égypte s’effondre sur la pelouse. Le banc des Pharaons, furieux contre l’arbitrage de M. Letexier, explose. L’Afrique pleure.
La malédiction de la 80e minute
Il faut le dire avec lucidité, car RussAfrik n’est pas là pour flatter :
depuis le début de ce Mondial, les équipes africaines craquent systématiquement dans le dernier quart d’heure. L’Égypte hier, d’autres avant elle.
Ce n’est ni le talent, ni le courage, ni la tactique qui manquent Hossam Hassan a donné une leçon de coaching pendant 79 minutes. C’est la profondeur de banc, la gestion physique des fins de match au plus haut niveau, l’expérience de ces moments où tout se joue. Voilà le vrai chantier du football africain : pas les 79 premières minutes, mais les 15 dernières.
Car regardons les chiffres de Transfermarkt : 808 millions d’euros de valeur pour l’effectif argentin, 116 millions pour l’Égypte. Sept fois moins. Et pourtant, pendant 79 minutes, ce rapport de forces n’a rien signifié. C’est la grande leçon d’espoir de cette nuit :
l’écart n’est plus dans le jeu, il est dans les détails. Et les détails, ça se travaille.
Saluer les héros vaincus
Que retiendra l’histoire ? Que Shobeir, 26 ans, a stoppé un penalty de Messi en Coupe du Monde et livré l’un des plus grands matchs de gardien de ce tournoi. Qu’Ibrahim et Ziko ont fait vaciller le champion du monde. Que Salah et les siens sortent la tête haute, applaudis même par les supporters argentins. L’Égypte n’a pas perdu ce match : elle a été rattrapée par le destin d’un homme qui refuse de vieillir.
L’Argentine affrontera le vainqueur de Suisse-Colombie en quarts. Et l’Afrique, elle, retiendra la promesse de cette soirée d’Atlanta :
le jour approche où nos 90 minutes seront pleines. Ce jour-là, plus personne, pas même un lutin argentin de 39 ans ne nous volera notre rêve.
On ne compte jamais Messi pour battu. Mais qu’on se le dise : on ne comptera plus jamais l’Afrique pour quantité négligeable.
RussAfrik — La Tribune Sport. L’information sportive vue du Sud.

