Avec 1,15 milliard de dollars de dette auprès du FMI, le Cameroun reste loin derrière plusieurs grandes économies africaines et conserve des fondamentaux économiques solides.
Depuis quelques jours, plusieurs publications relayent le fait que le Cameroun figure parmi les dix pays africains les plus endettés auprès du Fonds Monétaire International (FMI), avec un encours de 1,15 milliard de dollars.
Présentée sans contexte, cette information peut donner l’impression d’une situation alarmante. Pourtant, lorsqu’on analyse les chiffres de manière comparative, la réalité apparaît beaucoup plus nuancée.
Le Cameroun occupe effectivement la 10e place des pays africains les plus exposés au FMI, mais demeure très loin des montants observés dans plusieurs grandes économies du continent.
Les 10 pays africains les plus endettés auprès du FMI (2026)
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Rang |
Pays |
Dette FMI (USD) |
PIB estimé (USD) |
|---|---|---|---|
|
1 |
Égypte |
7,25 milliards |
396 milliards |
|
2 |
Côte d’Ivoire |
3,60 milliards |
95 milliards |
|
3 |
Kenya |
2,87 milliards |
120 milliards |
|
4 |
Ghana |
2,73 milliards |
88 milliards |
|
5 |
Angola |
2,44 milliards |
113 milliards |
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6 |
RDC |
2,20 milliards |
71 milliards |
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7 |
Éthiopie |
1,76 milliard |
205 milliards |
|
8 |
Tanzanie |
1,34 milliard |
85 milliards |
|
9 |
Zambie |
1,27 milliard |
33 milliards |
|
10 |
Cameroun |
1,15 milliard |
53 milliards |
Sources : FMI, données de crédit outstanding 2026.
Ces chiffres montrent que plusieurs pays africains affichent une exposition beaucoup plus importante au FMI que le Cameroun.
La Côte d’Ivoire, par exemple, doit plus de trois fois le montant dû par le Cameroun. Le Kenya, le Ghana, l’Angola et la RDC affichent également des niveaux d’endettement supérieurs.
Et au niveau mondial ?
Lorsqu’on élargit l’analyse à l’échelle mondiale, le Cameroun disparaît totalement du classement des principaux débiteurs du FMI.
Les plus gros débiteurs mondiaux du FMI
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Rang |
Pays |
Dette FMI estimée |
|---|---|---|
|
1 |
Argentine |
Plus de 40 milliards USD |
|
2 |
Ukraine |
Plus de 14 milliards USD |
|
3 |
Égypte |
Environ 9 milliards USD |
|
4 |
Pakistan |
Plus de 8 milliards USD |
|
5 |
Équateur |
Plus de 8 milliards USD |
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6 |
Bangladesh |
Plus de 5 milliards USD |
|
7 |
Côte d’Ivoire |
Plus de 3 milliards USD |
|
8 |
Kenya |
Près de 3 milliards USD |
|
9 |
Ghana |
Plus de 2 milliards USD |
|
10 |
Angola |
Plus de 2 milliards USD |
Face à ces chiffres, les 1,15 milliard de dollars du Cameroun apparaissent relativement modestes dans le paysage financier international.
La vraie question n’est pas la dette, mais son utilisation
Dans le débat public, la dette est souvent perçue comme un indicateur négatif.
Pourtant, tous les États modernes s’endettent.
Les États-Unis sont endettés.
La France est endettée.
Le Japon est endetté.
La Chine est endettée.
L’endettement, lorsqu’il est maîtrisé, constitue un outil de financement du développement.
La véritable question n’est donc pas : “Le Cameroun est-il endetté ?” Mais plutôt : “Que fait le Cameroun avec cet argent ?”
Si les ressources servent à financer :
- les infrastructures ;
- l’énergie ;
- les routes ;
- les barrages ;
- les ports ;
- les chemins de fer ;
- l’industrialisation ;
- l’agriculture,
alors la dette peut devenir un levier de croissance plutôt qu’un fardeau.
Le FMI prête-t-il à n’importe qui ?
La réponse est non.
Le FMI n’accorde pas ses financements sur la base de simples déclarations.
Avant chaque programme, l’institution analyse :
- la capacité de remboursement du pays ;
- sa stabilité macroéconomique ;
- la crédibilité de ses réformes ;
- ses perspectives de croissance.
Autrement dit, le fait même que le Cameroun continue d’accéder aux financements multilatéraux démontre qu’il demeure considéré comme un État crédible par les grandes institutions financières internationales.
Aucun créancier international sérieux ne prête durablement à un pays qu’il estime incapable de se redresser ou de rembourser.
Ce que les Camerounais doivent retenir
Le débat ne doit pas être émotionnel.
Oui, la dette doit être surveillée.
Oui, les finances publiques doivent être gérées avec rigueur.
Mais les chiffres démontrent que le Cameroun n’est ni le pays le plus endetté d’Afrique, ni l’un des pays les plus endettés du monde auprès du FMI.
Le véritable défi consiste désormais à transformer les ressources mobilisées en croissance économique, en emplois, en industrialisation et en amélioration du niveau de vie des populations.
La dette n’est pas un signe de faiblesse.
Dans bien des cas, elle est au contraire un signe de confiance.
On ne prête pas des milliards de dollars à un pays que l’on juge non crédible.
Le Cameroun doit donc continuer à renforcer sa gouvernance économique, améliorer la productivité de son économie et consolider les acquis obtenus au fil des années.
Plus que la dette elle-même, c’est la capacité du pays à transformer cette dette en développement durable qui déterminera son succès futur.
Le Cameroun n’a pas besoin de céder au pessimisme. Il doit surtout consolider ce qu’il a déjà construit et poursuivre sa marche vers l’émergence.
Par la rédaction de RussAfrik.


